La dermatite atopique

 

 

Le diagnostic de la Dermatite Atopique (DA) repose essentiellement sur l’observation d’un prurit associé à une sécheresse cutanée et à des lésions d’eczéma. C’est une atteinte qui évolue par poussées et qui touche préférentiellement les plis des coudes et les creux poplités*, la tête et le cou, les mains en particulier chez l’adulte. Des antécédents personnels ou familiaux de DA ou d’une autre maladie atopique (asthme, rhinite, conjonctivite, allergies alimentaires) aident à poser le diagnostic.

 

Dans les pays occidentaux, 10 à 15 % des enfants sont atteints et 4% des adultes. En général la DA démarre tôt dans l’enfance, souvent dans les 6 premiers mois et dans ¾ des cas on note une amélioration avant la puberté.

 

Quelles sont les causes ?

Il y a certainement un facteur génétique qui provoque une altération de la barrière cutanée et une dérégulation de la réponse immunitaire. Mais une colonisation par le staphylocoque doré, des facteurs environnementaux (polluants, irritants, acariens…) peuvent aussi être impliqués dans la maladie.

De plus, ces causes peuvent évoluer dans le temps.

 

Quels sont les traitements ?

Les émollients sont le premier traitement. A employer systématiquement, tous les jours, au moins une fois par jour, sur tout le corps, en entretien. Leur emploi est sans danger et ne risque pas de perturber le diagnostic.

S’ils ne sont pas suffisants, on a recours aux corticoïdes, très efficaces pendant les poussées. En application 1 fois par jour sur les lésions tant que dure la poussée.

Il ne faut pas avoir peur d’utiliser ces dermocorticoïdes,il faut juste les employer correctement. Un moyen simple est de se référer à ce que l’on appelle « unité phalangette ». Un cordon de pommade d’une longueur correspondant à la dernière phalange de l’index permet de traiter une surface équivalente à 2 paumes de mains d’adulte. Dans ces proportions, le passage systémique est quasi inexistant et sans retentissements sur la croissance de l’enfant par exemple.

 

La crainte des effets secondaires des dermocorticoïdes est un faux problème.

Ou le traitement fonctionne aux doses thérapeutiques et alors il n’y a pas d’effets secondaires. Ou il ne fonctionne pas et il faudra passer à d’autres classes de médicaments. Bien conduit, un traitement par dermocorticoïdes ne provoque pas d’effets secondaires. Il s’agit avant tout d’être efficace, ce qui est possible sans être toxique.

 

S’ils ne suffisent pas, d’autres traitements locaux sont possibles. Dans certains cas de DA particulièrement sévères, il faudra envisager un traitement systémique.

 

La prise en charge de la DA doit être pluridisciplinaire : dermatologue, médecin traitant, pharmacien et bien sûr le patient et son entourage. Des programmes d’éducation thérapeutique existent et sont très utiles en accompagnement des traitements. Ensemble, il faut être efficace car il existe un véritable retentissement psychologique de la DA. Des adolescents et des adultes se limitent même parfois dans leurs études, dans leur vie sociale… pensant que cette maladie les empêche de progresser, d’avoir une vie comme les autres. Chez la moitié des patients on observe un retentissement sur la qualité de vie avec un état d’anxiété et de dépression.

 

* Creux poplités : creux situés à l’arrière du genou.